Tadelakt & zellige : la matière comme lumière
Deux savoir-faire marocains où la surface ne recouvre pas le mur — elle le rend lumineux.
Il y a des matières qui reçoivent la lumière et d'autres qui la rendent. Le tadelakt appartient à la seconde famille. Cette chaux polie à la pierre d'agate, savonnée au savon noir, n'a pas de couche : elle est sa propre profondeur. La main qui la caresse touche un mur, mais l'œil, lui, plonge.
Le zellige répond par l'éclat plutôt que par la profondeur. Chaque tesselle est taillée à la main, sa glaçure tremblée par le feu ; aucune n'est tout à fait identique à sa voisine. Posé, l'ensemble vibre : la lumière n'y est jamais plate, elle court d'un carreau à l'autre comme à la surface de l'eau.
Au jardin, la matière fait l'ombre
Nous employons ces matières dehors, là où on les attend le moins : margelles de bassin en tadelakt, qui gardent l'eau sans la teinter ; assises de zellige sous un arbre, fraîches même en plein été. La matière n'est pas un revêtement décoratif rapporté à la fin du chantier : elle est pensée dès le plan, comme une manière de gérer la lumière et la chaleur.
La bonne matière ne se voit pas d'abord : elle se ressent. On comprend pourquoi elle est là à la seconde où on s'y appuie.